Black Box | Performer le souvenir

Trésillon

Cette oeuvre sonore est une exploration formelle des manifestations acoustiques du trait tracé ou gravé. Composée à partir d’enregistrements vocaux du dix-neuvième siècle (phonautographe, phonographe), desquels on a extrait tout le signal vocal pour ne conserver que le son du sillon, et aussi d’enregistrements contemporains de divers gestes d’écriture et de dessin (à la plume, au plomb, au fusain), cette pièce plonge l'auditeur dans une expérience du son derrière le son, du trait avant la lettre. Rappelant étrangement la facture sonore du doppler fœtal, les traits qui relient ces sons révèlent, in utero, la pulsation, le souffle, la trace de l'enregistrement sonore au moment vital de leur constitution.

Artiste : Ariel Harrod

Complément d'information : 

Des expérimentations de la gravure du son sur du noir de fumée au stockage actuel de la musique sur le Cloud, cet espace de l'exposition traverse le temps pour offrir une proposition poétique sur l’enregistrement du son. 

Les premières expérimentation à partir du phonautographe de Léon Scott de Martinville vers 1860 impliquaient un stylet gravant les oscillations des vibrations sonores sur une feuille de papier enduite de noir de fumée. L'intention de ces premières manifestations graphiques de l’enregistrement sonore n'était pas de faire entendre un son, mais de transcrire et de rendre visibles les voix et les bruits. Ces enregistrements créaient une image du son, ils en montraient sa plasticité. Cette archéologie du son est aujourd’hui rendue disponible à l’écoute, gratuitement sur internet, grâce à First Sounds. Les plus anciens enregistrements, soit les premiers souvenirs sonores de la voix humaine se trouvent dématérialisés, conservés sur le nuage (Cloud) et accessibles rapidement. 

Dans l’espace d’exposition, des souvenirs retrouvent leur importance visuelle grâce à la graphie des mots écrits et gravés sur la patine.